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 Ancienne coutume le corset

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Sabrina Succube
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MessageSujet: Ancienne coutume le corset   Ven 19 Fév 2010, 1:36 am

De ses débuts à la Renaissance jusqu'à sa quasi-disparition dans les premières décennies du XXe siècle, la structure haute (corps à baleines, corps piqué ou corset) a essentiellement été un vêtement de femme, bien qu'à l'occasion hommes (dandies, militaires) et enfants aient pu en porter.

Il existe également des corsets orthopédiques utilisés pour redresser les déviations de la colonne vertébrale dans les cas de scoliose ou de cyphose. Ces corsets peuvent être aussi utilisés pour soulager les articulations intervertébrales dans le cas de lombalgies.

A la Renaissance, le corps à baleines, de forme cônique, cherchait surtout à aplatir la poitrine et à diminuer les différences morphologiques homme/femme. Ce n'est que bien plus tard, au XIXe siècle, qu'il a profondément accentué les caractéristiques morphologiques féminines (silhouette en sablier), bien que sa connotation érotique n'ait pas échappée, déjà, au XVIIIe siècle. Cette ambivalence entre rempart moral et signe extérieur d'austère vertu d'une part, érotisme et singularisation des sexes d'autre part, l'a suivi tout au long de son existence. Les zones considérées comme les plus érotiques ou significatives du corps féminin ont beaucoup changé suivant les époques : si aujourd'hui c'est la poitrine qui est souvent la partie la plus érotisée, au XIXe siècle c'était bien la taille et sa finesse qui étaient le plus regardées. Le corset n'affinait donc pas la taille pour mettre en valeur, par contraste, la poitrine ou les hanches, mais bien pour la taille elle-même ; on a même à de nombreuses époques utilisé des rembourrages divers sur les hanches, pour accentuer visuellement la finesse de la taille.

Les corsets, malgré leurs variations importantes de patronage, de coupe, de silhouette au fil des siècles, respectent généralement quatre grands éléments de construction :

ils sont faits d'au moins une épaisseur de coutil, une toile de coton tissée très dense, spécifique à la corseterie et aux matelas ; peuvent s'y ajouter d'autres épaisseurs de coutil supplémentaires, un tissu "décoratif" extérieur ou encore une doublure. Les corsets à une seule épaisseur de coutil en tout et pour tout étaient généralement portés au XIXe siècle durant l'été, car moins chauds, plus souples et "respirant" mieux.

le busc. Aux XVIe-XVIIIe siècles, celui-ci est une large lame de bois, métal, ivoire ou os, qui maintient une rigidité parfaite sur le devant du corset ; il est parfois amovible. Vers 1840 est inventé le busc en deux parties, à crochets, qui permet d'ouvrir le devant du corset et donc de le mettre et enlever beaucoup plus facilement (conjointement à l'invention du laçage "à la paresseuse").

les baleines. Jusqu'au milieu du XIXe siècle, elles sont faites de vrais fanons de baleines (tout comme les "baleines" de parapluie), parfois d'osier pour les corsets de gens peu fortunés. C'est avec la Révolution industrielle qu'apparaissent les premières baleines en acier, à la fois rigides et flexibles ; au départ faites en fer et enveloppées de papier ou de tissu, elles sont aujourd'hui faites d'acier inoxydable et enrobées de PVC pour éviter tout risque de rouille.

le laçage avec des œillets. C'est le laçage qui permet, ouvert bien large, de rentrer dans un corset puis, en le resserrant, d'affiner la taille au-dessous de la taille de son tour au repos. Le principe de la corsetterie étant d'affiner la taille par la compression du corps. Les oeillets où passe le lacet étaient brodés à la main jusqu'au début du XIXe siècle où ils ont, là encore, été remplacés par des oeillets métalliques, beaucoup plus solides.


Malgré de rarissimes incursions très isolées dans l'Antiquité (Crétoises marquant leur taille par des ceintures de cuir serrées), le corset à proprement parler, baleiné et réduisant la taille, n'existe qu'à partir de la Renaissance — et non du Moyen Âge, qui l'ignorait complètement.

Apparu à la cour d'Espagne au XVIe siècle, puis vite répandu dans d'autres cours d'Europe, le corset modèle d’abord le corps de la noblesse ; il est supposé signifier la « droiture » et la fermeté d’âme et de mœurs de ceux qui se veulent distincts de la société qu’ils régentent. La mode est vite imitée dans les milieux bourgeois ; aux XVIIe et XVIIIe siècles une bonne part de la population en porte, jusqu’aux milieux les plus populaires dans une version plus simple et peu baleinée. Les femmes du peuple qui veulent imiter les grandes dames sont moquées par les caricaturistes, mais socialement acceptées.


Silhouette conique, pointe basse à la taille, poitrine aplatie. Pas ou peu de réduction de taille du XVIe au XVIIIe siècle, plutôt une « mise en forme » conique du buste. Venu de l'univers masculin et militaire, le corset est plutôt perçu comme une « armure » physique et morale réservée à la haute société.


Silhouette conique, apparition de petits panneaux décoratifs en bas : les basques découpées.

Silhouette conique, apparition de la « pièce d’estomac », souvent amovible, richement ornée sur le devant. Du XVIe au XVIIIe siècle, le corset est plus fréquemment appelé corps à baleines.

La partie supérieure du « Grand habit » de cour féminin est un corset très serré et rigide nommé le « grand corps », de forme conique et étroite, qui comprime fortement les côtes flottantes (basses), et dont les bretelles projettent les épaules en arrière, rapprochant les omoplates et donnant un dos très droit et un beau port de tête. C'est probablement la forme de corset la plus contraignante à avoir jamais été portée.











A la Révolution, il est soudainement abandonné pour une mode inspirée de l'Antiquité, et les Merveilleuses se promènent vêtues de voiles de mousseline légère. Le corset symbolisait trop l'Ancien Régime et les privilèges d'une noblesse oisive pour ne pas être jeté aux orties pendant cette période... A l'époque, les femmes considéraient comme moderne de pouvoir transporter toute leur garde-robe dans un seul sac, or il était impossible d'y glisser un corset puisqu'on ne pouvait pas le plier.

Le retour de l'ordre moral sous l'Empire signe celui du corset. Pourtant Napoléon le nommait "l'assassin de la race humaine"... Mais il revient sous une forme très différente du "cône" qu'il était précédemment, une forme de sablier au départ plus destinée à soutenir la poitrine que toute autre chose ; ce n'est qu'à partir des années 1830 que, la taille fine devenant un critère important de séduction, le corset est utilisé pour vraiment la réduire. Ce qui déchaîne à nouveau les attaques de très nombreuses personnalités, qui n'auront de cesse de lui faire la guerre jusqu'à sa disparition : c'est ce qu'on appelle la "campagne hygiéniste".

Nombreux et très divers sont les ennemis du corset au XXe siècle : médecins, féministes, réformateurs du costume, mais aussi moralistes et autorités religieuses. Tous ceux-ci ont été suivis par des mères de famille soucieuses de leur santé et de celle de leurs filles, ainsi que par... des corsetiers, ainsi la corsetière Inès Gaches-Sarraute qui créa un nouveau modèle supposé ne pas comprimer les viscères vers le bas en provoquant ptose et prolapsus. Son ingénieux nouveau patronage fit rapidement fureur chez toutes les élégantes... qui s'étaient rendu compte qu'elles pouvaient obtenir une taille encore plus fine avec celui-ci ! C'est la fameuse silhouette en S de la Belle Époque.

Que reproche-t-on exactement au corset ? D'abord, bien sûr, la constriction des organes internes. Capacités pulmonaire et stomacale diminuée, ptose et prolapsus dans les cas les plus graves, sont ses inconvénients majeurs... Mais aussi l'atrophie musculaire que le port quotidien pendant des années provoquait (muscles abdominaux et dans une moindre mesure dorsaux servent beaucoup moins), ainsi que les irritations sur les peaux surchauffées par le frottement quotidien et prolongé des baleines. De façon beaucoup plus inattendue, on lui reproche des choses très fantaisistes qui montrent à quel point il sert de bouc émissaire généralisé : tuberculose, typhus, cirrhose, mamelons invertis, hystérie, vieillissement accéléré de la peau du décolleté... Bien entendu on sait aujourd'hui que les causes de ces divers maux n'ont aucun rapport avec le port du corset.

Si ces attaques soucieuses de la santé des femmes étaient louables, par contre les motivations du clergé et de nombre de moralistes sont plus troubles. L'église voyait surtout d'un mauvais oeil que la femme puisse se rendre maîtresse de son corps (beaucoup utilisaient le corset comme moyen abortif), qui devait être dédié à la procréation, et qu'elles déforment l'oeuvre de dieu... D'ailleurs, plus que le fait même de porter un corset, c'est le « tighlacing » qui a été vilipendé, c’est-à-dire le fait de le serrer beaucoup pour avoir une taille de guêpe (il n’existe pas d’équivalent français à ce mot, on disait simplement des femmes qui le pratiquaient qu’elles « se serraient »). Ce n'est pas tant l'objet même que son utilisation extrême qui a été critiquée. Souvent jugé amoral car signe de coquetterie et empêchant les femmes d'enfanter correctement, le corset porté serré est ainsi mis aux rangs des vices délitant la nation par Charles Dubois dans son ouvrage "Considération sur cinq fléaux : l'abus du corset, l'usage du tabac, la passion du jeu, l'abus des liqueurs fortes et l'agiotage" (1857).

Le reproche le plus souvent fait par les médecins mais aussi par les réformateurs du costume à la fin du XIXe siècle, que l'on aurait pu penser plus progressistes, était en effet que l’emploi du corset, et surtout le tightlacing, était une monstruosité qui empêchait la femme de remplir sa principale fonction, son seul vrai but dans l’existence : porter des enfants. Les textes de l’époque sont terrifiants tant le ton et le vocabulaire pamphlétaire employés soulignent que le corps de la femme ne lui appartient pas, n’existe que comme « réceptacle » du foetus. Tout droit de regard sur son propre corps, sa propre sexualité, est nié et vitupéré : le ventre de la femme doit rester libre pour se remplir régulièrement. Quand les méfaits du tightlacing sont évoqués, il est troublant de remarquer que ce n’est jamais le confort ou la douleur de la femme en tant qu’individu qui sont évoqués, mais systématiquement, soit sa coquetterie satanique, soit sa coupable atteinte à « la santé de la race » en se rendant malade et en rendant malade son fœtus ou en lui interdisant l’accès à la vie. Or il semble bien que l’emploi du corset, et justement, en particulier, la pratique du tightlacing, ait représenté pour de nombreuses femmes un moyen détourné de vivre leur droit à la sexualité (l’objet était déjà fétichisé à l’époque, bien que plus troublement et inconsciemment avant les théories freudiennes et surtout à posséder leur propre corps. La pratique du tightlacing pouvait donc être une façon, plus ou moins consciente, d’exprimer son droit à accéder à son propre corps, à exister en tant que femme et non seulement en tant que mère, et à avoir une forme d’auto-sexualité, fût-elle détournée. Certaines ont pu parfois utiliser un tighlacing très poussé et quotidien pour tenter d’avorter sans avoir recours aux dangereux services de la « faiseuse d’ange » et ses aiguilles à tricoter…

En somme, le corset était beaucoup plus complexe et plurisémique qu’on ne l’imagine aujourd’hui : pas toujours « dépossession » de son corps par une autorité (bien que certaines jeunes filles aient pu très mal vivre le port imposé par leurs mères), mais aussi, parfois, reprise de possession, envers et contre les critiques, de sa sexualité de femme et de son corps en général.

En tout cas, si le port du corset était quasiment obligatoire durant tout le XIXe siècle, et dans une moindre mesure aux XVIIe siècle et XVIIIe siècle, il ne l’était que comme « support » physique et supposément moral, comme maintien d’une relative sveltesse et droiture par opposition à une mollesse coupable ; la réduction importante de taille (qui est ce qu’on voit à tort aujourd’hui comme la normale de l’époque) était relativement rare.

Mais c'est précisément contre son sens le plus courant, celui de la droiture physique supposant une droiture morale, celui du maintien de la femme dans les bonnes moeurs et dans la soumission sociale, que partirent le plus fermement en guerre les féministes et suffragettes dès la Belle Époque. En 1904 déjà, les suffragettes se battent contre le port du corset. En 1910, Madame Doria fonde la Ligue des mères de famille contre la mutilation de la taille par le corset. La mode des danses latino-américaine (tango...), du fox-trot et autres danses supposant souplesse et contorsion, cumulée à la pénurie d'acier après le guerre, ne seront que quelques éléments concrets s'ajoutant à des attaques nombreuses et de plus en plus généralisées que le corset connaissait déjà depuis des décennies, qui signeront son déclin dans les années 1920.


La lecture d'ouvrages de fond sur l'histoire du costume (voir bibliographie), ses significations sociales et ce qui était réellement pratiqué à l'époque, l'intérêt porté à ceux qui aiment mettre des corsets encore aujourd'hui et à leur expérience vécue, le fait de se pencher sur les arts et techniques de la corseterie permettent de distinguer aisément le vrai du faux parmi les clichés les plus courants :


Certains médecins enlevaient les côtes des femmes pour qu'elles puissent serrer davantage leur corset" : ce cliché très courant est selon cette page une rumeur mensongère. L'état des techniques chirurgicales à la fin du XIXe siècle (sans parler de l'anesthésie encore balbutiante, pratiquée au chloroforme), impliquait un taux de décès considérable lors de toute opération chirurgicale invasive, parfois de 50% et plus. "Croire au mythe des côtes enlevées chirurgicalement à la fin du XIXe siècle, c'est croire que, à une époque où même la plus simple opération chirurgicale se révélait souvent fatale, les femmes faisaient la queue pour prendre ce risque et les chirurgiens recousaient joyeusement à tour de bras" Valerie Steele, conservateur du Musée de la Mode à New-York et autorité mondiale en matière de corsets, va jusqu'à affirmer qu' "aucune femme de l'ère victorienne ne s'est jamais fait enlever une côte. Même si une ou deux femmes très fortunées et inconscientes l'avaient fait (ce qui ne semble déjà pas être le cas : on n'a strictement aucun nom de femme riche, célèbre ou aventureuse, qui aurait réellement pratiqué cette opération si extraordinaire qu'elle n'aurait pas manqué de faire les titres des journaux, et de rendre un médecin célèbre...), ce n'a en aucune façon été une pratique répandue chez une partie des femmes de l'époque.Certaines femmes de 1900 sont mortes à cause d'organes perforés par des côtes écrasées par leur corset". Encore une exagération majeure. Le seul récit de fait divers dont on ait trace à ce sujet, est l'histoire d'une jeune fille de 16 ou 18 ans ; lors d'un bal (dont la date fluctue entre 1850 et 1910 suivant les sources...), où elle voulait séduire par l'extraordinaire finesse de sa taille, la jeune femme aurait serré son corset bien au-delà de ce dont elle avait l'habitude. Complimentée par tous lors de la soirée, elle aurait en fait souffert le martyre et serait morte quelques jours après. L'autopsie aurait révélé que la perforation du foie par une côte cassée était à l'origine de la mort. L'invraisemblance médicale du récit n'a pas empêché sa diffusion. D'abord, une jeune fille avec le foie perforé se tordrait de douleur par terre, plutôt que d'être complimentée sur sa bonne mine. Ensuite, l'autopsie était-elle réellement aussi facilement pratiquée à l'époque, surtout pour un cas qui relevait visiblement de la maladie et non du meurtre - n'est-ce pas plutôt une projection de nos habitudes actuelles ? Enfin, ceux qui n'ont jamais porté de corset ne peuvent pas le savoir, mais il ne suffit en aucun cas d' "ignorer la douleur" pour pouvoir serrer autant que l'on veut, quitte à se briser les côtes : le corps résiste à la pression, au-delà d'un certain point on ne peut serrer plus. Techniquement, il est impossible de briser un os avec un corset tel qu'on sait parfaitement qu'ils étaient fait à l'époque, dans des conditions de santé normales. Peut-être ce malheureux accident est-il arrivé à une ou deux femmes à l'occasion, probablement fragilisées par une ostéoporose ou autre maladie osseuse, transformant leur cas en un fait divers de journal à sensation ; en aucun cas cela n'a été une chose relativement courante !

Le record de la taille la plus fine en ce temps était de 16 centimètres (la même taille qu'un cou)". Les centimètres ont visiblement été confondus avec des pouces anglais (inches) : un cou de femme, même très fin, fait plus de 30 cm de circonférence, voire 35 cm et plus. Il s'agissait donc bien de pouces et non de centimètres. Or 16 pouces font 40,5 cm. Une taille considérée comme déjà trop fine au XXe siècle, au point d'être vraiment vue comme excessive et peu esthétique, même à l'époque, et atteinte par seulement une poignée de femmes qui avaient choisi de s'y consacrer corps et âme et s'en trouvaient très critiquées. Pour plus ample information, le tightlacing (port d'un corset 23h/24 sauf pour la douche, 7 jours/7) est pratiqué aujourd'hui par une petite poignée de passionnés dans le monde, essentiellement aux USA, dans le même type de conditions que les femmes des années 1850-1910 ; ils fournissent ce faisant une quantité énorme de données sur ce qui est possible et ce qui ne l'est pas. La taille la plus fine jamais enregistrée au monde, et qui est une exception considérable, est celle d'Ethel Granger (1905-1982) : 13", soit 33 cm, vers 1938, enregistré au Livre Guinness des records. L'actuelle championne du monde est Cathie Jung, avec une taille de 15", soit 38 cm.
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