sombrefatalbaiser

Gothique Vampirisme Satanisme
 
AccueilPortailS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Vampirisme histoire de vampires

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Sabrina Succube
Admin
avatar

Messages : 78
Date d'inscription : 12/02/2010
Age : 51
Localisation : Drommondville Canada

MessageSujet: Vampirisme histoire de vampires   Mer 17 Fév 2010, 7:43 pm

Si le mot « vampire » n’apparaît qu’au début du XVIIIème siècle et le premier récit de vampire en 1819 (Le Vampire de Polidori), le fantasme du mort-vivant suceur de sang remonte aux origines de l’humanité, très loin dans la conscience humaine. En effet, il est permis de penser que, dès l’origine de l’humanité, toutes les cultures ont peuplé leur univers imaginaire d’entités surnaturelles assoiffées de sang.
La première trace tangible du buveur de sang est un vase préhistorique découvert en Perse et orné d’un dessin : un homme aux prises avec un être monstrueux essayant de lui sucer le sang. Certains auteurs situent les premières légendes relatives aux vampires dans la Chine du IVème siècle avant notre ère.

1. L’Ancien Testament
Lilith, sanguinaire, jalouse, luxurieuse et impudique à la ressemblance de la suméro-akkadienne déesse Lilitû dont son nom dérive très probablement, est la première femme d’Adam dont elle aurait d’innombrables démons avant la création d’Eve. Répudiée ou enfuie pour épouser Samaël, l’Ange de la Mort, elle devient, dans la tradition rabbinique, la Reine des démons, des succubes et des mauvais esprits. Elle suce le sang des nourrissons et dépouille les jeunes hommes de leur vitalité et de leur puissance virile pendant leur sommeil. Cent quatre-vingt mille servantes sont à ses ordres, toujours prêtes à envahir notre univers, vivant dans les maisons en ruine et les latrines, sortant la nuit et se nourrissant de pus et de vermine. Incarnation du mal, Lilith est la terreur des femmes en couche car on la soupçonne de voler les nouveau-nés pour les dévorer à l’instar d’une goule. Aussi place-t-on cette inscription sur le mur de la chambre des parturientes: « Adam et Eve, ici; Lilith dehors ! ». Aux yeux des Hébreux, elle est avant tout coupable de transgresser le tabou absolu de la Loi Mosaïque qui interdit de consommer le sang des êtres vivants.
Les Hébreux ont toujours entretenu une relation complexe avec le sang, considéré comme symbole de vie et d’impureté. Le sang a un caractère sacré puisqu’il est l’âme du corps et que Dieu seul est maître de la vie et de la mort. Le sang est même temps lié à la malédiction qui a frappé l’humanité lorsque la compagne d’Adam, en cédant à la tentation du démon, a provoqué la chute de l’Homme: la perte du sang menstruel est perçue comme une blessure immonde, punition infligée par Dieu à toutes les descendantes d’Eve. Dans la tradition hébraïque, le sang menstruel est à l’origine de toutes sortes de malédictions : pendant ses règles, une femme doit s’abstenir de paraître en public car sa présence peut déclencher des catastrophes et elle ne doit en aucun cas avoir des rapports sexuels pendant cette période car elle est impure. Le sang a donc pour les hébreux une connotation funeste et la notion du péché y est omniprésente.
Par ailleurs, Moïse défendait d’invoquer les esprits par crainte de voir les morts revenir à la vie et le roi David « reprenait des forces » en absorbant la chaleur de ses jeunes esclaves pendant leur sommeil.

2. Le Nouveau Testament
Il enseigne que le Christ a sauvé l’Homme en versant son sang. Avant de subir le martyr de la croix, Jésus de Nazareth a implicitement exprimé la valeur rédemptrice de son sang précieux sous la symbolique du vin partagé avec ses disciples. L’Evangile de Saint-Jean insistant sur les vertus génératrices du sang, les premiers Pères de l’Eglise doivent lutter contre une interprétation trop littérale de ce repas car elle risque d’encourager le retour à des pratiques païennes comme le sacrifice humain ou le cannibalisme rituel.

3. Les Egyptiens de l’Antiquité
On trouve chez ce peuple des sacrifices d’enfants afin d’obtenir des récoltes abondantes ou de mettre des ennemis hors d’état de nuire. Mais, ce qui est plus curieux dans l’histoire de l’Egypte, c’est de retrouver l’histoire du premier vampire : 4000 ans avant notre ère, les premières civilisations (c’est-à-dire des regroupements d’hommes et de femmes structurés en société) voyaient le jour. À cette époque, l’Egypte était divisée en plusieurs royaumes, chacun ayant ses gouvernants et ses rois. De nombreuses régions abritaient des tribus cannibales et barbares, contrastant avec l’évolution des grandes cités telles que Jericho (ville de Cisjordanie située à proximité de la Mer Morte dans la vallée du Jourdain. Selon la Bible, c’est la première ville prise par les hébreux en entrant sur la Terre Promise) ou Nivine.
Kemet était l’un des royaumes qui composait alors l’Egypte. Lorsque la reine de ce royaume mourut, elle n’avait qu’un fils. Or, à cette époque, la couronne se transmettait de mère en fille. Pour asseoir sa légitimité, Enkil, prince de Kemet, épousa une princesse venue d’Uruk, une contrée étrangère possédant une culture et une civilisation très avancées pour l’époque. Akasha était cette princesse. Cette union eut pour effet de rassembler les deux royaumes. Mais, venant d’une région civilisée, la princesse s’offusqua en découvrant les coutumes locales. Le cannibalisme en était une et, même si pour certains villages, il représentait un rituel funéraire, la reine ne pouvait tolérer qu’un acte aussi barbare se perpétue. Elle ordonna que cessent ces pratiques et monta une armée pour réprimer aussi bien les tribus guerrières que les contrées pacifiques. Dans les grottes du mont Carmel (promontoire rocheux de l’Etat d’Israël qui s’élève à plus de 500 mètres) vivait une peuplade pacifique. Deux soeurs jumelles, Maharet et Mekare, y pratiquaient la sorcellerie. Elles avaient toutes deux le pouvoir de communiquer avec les esprits et d’obtenir d’eux des faveurs. Ces derniers étaient nombreux et possédaient tous des pouvoirs divers mais relativement limités. Alors que certains pouvaient, grâce à leur union, faire tomber la pluie, d’autres pouvaient déplacer des objets, pour ne donner que ces exemples. Amel était l’un de ces esprits malins. Mais, sa puissance limitée n’en faisait pas un esprit dangereux. Comme tous ses congénères, il était capable de prévoir, avec plus ou moins de précision, l’avenir. La réputation des deux soeurs et de leur pouvoir traversa le pays jusqu’à Kemet. Enkil fit envoyer une missive les convoquant à la cour. Malgré la méfiance des esprits à l’égard de cette convocation, les jumelles partirent pour le royaume où le couple princier les interrogèrent sur le don qu’elles possédaient. Mécontents des réponses qu’elles purent leur apporter, Enkil les fit bannir. Elles furent violées par Khayman, l’administrateur du couple royal, puis renvoyées dans leur contrée. Cette punition provoqua la colère des esprits qui, jusqu’à présent, avaient protégé les sorcières. Amel était le plus furieux et il les vengea en tourmentant sans répit le coupable de ces crimes. Plusieurs mois plus tard, alors que Maharet mit au monde le fruit du viol qu’elle avait subi, d’autres messagers royaux dont Khayman arrivèrent sur les flancs du mont Camel. Il expliqua que, depuis leur départ, la cité était dans la tourmente. Il raconta également la malédiction qui s’était abattue sur le roi et la reine, expliquant qu’un esprit s’était fondu dans leurs corps. Amel était parvenu à blesser les humains en les piquant. Certes, ces piqûres étaient microscopiques, mais il avait déjà goûté et aimé le sang humain. Alors que Khayman subissait depuis des mois les réprimandes de cet esprit vengeur, Enkil et Akasha décidèrent qu’il fallait exorciser sa demeure. Ils décidèrent alors d’occuper sa maison jusqu’à ce que l’esprit parte. Lors de cet exorcisme, un complot visant à mettre fin au règne de terreur du couple royal s’organisa. Ils furent sauvagement poignardés et laissés pour mort. Amel, présent lors de ce crime, se fondit alors dans le sang de la reine, englobant les molécules et réintégrant ainsi le corps d’Akasha. Aussitôt ses blessures cicatrisèrent et elle revint à la vie. Amel avait réussi ce qu’aucun esprit n’avait jamais fait : intégrer parfaitement une enveloppe charnelle. Ainsi, Akasha est devenue le premier vampire de l’histoire, sa création tenant plus du hasard et des circonstances que d’une malédiction.

4. La mythologie babylonienne.
Vers 2300 avant notre ère, Agadé, près de Babylone, sur l’Euphrate, avait donné son nom au pays d’Akkad, destiné à commander le vaste empire de Sargon. Or, ce peuple croyait à des démons incubes qui, la nuit, visitaient les femmes endormies, se couchaient sur leur sein et violait leur corps. Les hommes n’avaient pas plus de chance : eux recevaient la visite de succubes. L’empire assyrien qui, du XIIème au VIème siècle avant notre ère, domina ces provinces croira à son tour à un démon vampire qu’il appelle Akakarm. On pense qu’un groupe d’immigrés indo-européens, les Hittites, ont introduit cette croyance en Mésopotamie car, dès 2150 avant Jésus-Christ, des tribus indo-européennes s’étaient installées dans cette région.

5. Les sociétés archaïques
La crainte révérencielle des morts fonde la croyance aux vampires dans toutes les sociétés archaïques. Dans la mentalité traditionnelle, « les morts ne sont pas morts; ils vivent parmi nous. » Ils nous entourent et ils rôdent. Les ancêtres défunts se transforment en génies domestiques, en « mânes » attachés au foyer des vivants, esprits tantôt tutélaires, tantôt malveillants et vindicatifs dès qu’ils se croient négligés. Ils cherchent qui d’entre eux a provoqué la mort car la mort n’est jamais naturelle. Aussi, pour conjurer les possibles vengeances de ces ombres errantes, on leur rend un culte.
Pour les Incas (Pérou), dans leur société pré-archaïque (entre 2000 et 1500 avant J.-C.), le Dieu Tezcatlipoca était considéré comme le dieu des créatures infernales : fantômes, loups-garous et vampires.

6. La mythologie indo-européenne.
Il semble que les indo-européens sont les grands propagateurs de cette croyance : diverses formes de vampires se trouvent, sous divers noms, sur toute l’aire couverte par leur migration. Ainsi, aux Indes, dès la religion védique, entre 1800 et 800 avant notre ère, on trouve des échos (peut-être de croyances indigènes ) de génies, les vetala, qui escortent Siva le Destructeur. Ils hantent avec lui les lieux de crémation et animent les cadavres qu’ils dévorent de l’intérieur. L’épouse de Siva, la redoutable déesse Durga, « l’Inaccessible », exigeait des sacrifices humains quoique, magnanime, elle ressuscitait ensuite ses différentes victimes. Dans ce vampire, acolyte d’un Dieu destructeur et qui a squatté le creux d’un cadavre, on reconnaît le lien avec les cimetières, les cadavres et la nuit ainsi qu’avec les pouvoirs magiques. La religion hindoue recensait bien d’autres tribus de monstres ténébreux : les pisaca, autre race de vampires; les bhuta, sorte de fantômes; les preta, âmes en peine des trépassés et les rakasasa, ces démons cannibales qui, la nuit, parcouraient les campagnes, affamés de chair fraîches. Tout ce beau monde rivalisant, bien sûr, pour traquer les vivants. En Inde, la déesse Kali est bien connue pour son goût du sang et des sacrifices humains.

7. La Grèce Antique.
Les grecs anciens établissaient une sorte de lien mystérieux entre le sang et le monde des morts. Homère, dans le livre XI de l’Odyssée, rapporte qu’Ulysse, lui-même initié par Cirée, fut amené à célébrer des sacrifices de sang (moutons) pour évoquer les esprits des héros disparus : le devin Tirésias puis sa mère et nombres d’autres défunts s’entretinrent avec Ulysse après avoir bu le sang du sacrifice qui leur donne un moment force et vigueur. Cette idée a vraisemblablement fait son chemin jusqu’à l’époque chrétienne. La mythologie gréco-latine, par ailleurs, comporte un grand nombre de divinités sanguinaires d’apparence féminine : Cirée a la sinistre réputation de concocter des philtres magiques à base de sang humain; Médée a la faculté de rajeunir quiconque selon son bon vouloir en lui faisant absorber une décoction à base de sang; Empusa, fille d’Hécate, est une créature démoniaque aux pieds de bronze qui peut à volonté se transformer en belle jeune fille pour séduire les hommes pendant leur sommeil. Pour la Grèce archaïque, le monde était plein d’âmes, de démons. La mythologie coordonna ces croyances. Ainsi, il y eut les lamies : Lamie ou Lamia, fille du roi Bélos, était une reine de Phyrie. Elle était très belle. Et, Zeus, père des Dieux, l’aima. Mais Héra, l’épouse de Zeus, jalouse, fit périr les enfants que Lamie avait enfantés de son divin amant. Du coup, Lamia se mit à jalouser les mères qui gardaient leurs enfants. Pour venger le meurtre de ses enfants par Héra, elle se métamorphose en monstre qui dévore les enfant ou suce leur sang. La légende populaire en fit un monstre à queue de serpent, sorte de « croque-mitaine » femelle qu’on évoque pour effrayer les enfants, les menaçant de se faire dévorer par ce fantôme fabuleux: ainsi naquit la légende des lamies qui devint un nom commun. La légende évolua : plus tard, on appela lamies des génies féminins qui s’attachaient aux jeunes gens pendant leur sommeil, suçant leur sang, épuisant leur virilité. Nous voilà aux vampires.
Les styges sont des femmes au corps d’oiseaux qui sucent le sang des nouveau-nés dans leur berceau ou épuisent la vitalité des jeunes gens pendant leur sommeil. Les lamies, les empuses et les Stryges, tout comme les vampires de l’époque moderne, sucent le sang de leurs victimes endormies. Mais, il n’y a sans doute pas de filiation directe entre ces divinités du monde antique et le vampire de Transylvanie. On notera toutefois la ressemblance du mot « stryge » avec « strygoï », terme générique qu’emploient les Roumains depuis le XVIIème siècle pour désigner les vampires. En revanche, contrairement aux vampires de l’époque moderne, les lamies, les empuses et les stryges ne sont pas des mortes-vivantes mais des divinités désincarnées capables de prendre une apparence humaine pour séduire les mortels. En cela, elles annoncent les succubes de l’ère chrétienne, démons féminins qui hantent les jeunes hommes pendant leur sommeil et entretiennent avec eux des rapports sexuels pouvant entraîner par épuisement la perte de puissance virile et même la mort. La Grèce Antique connaissait aussi les empuses, les filles d’Hécate, la déesse carienne de la Grèce d’Asie, héritière de la déesse nue de l’époque néolithique, l’ancienne grande déesse-mère universelle, la maîtresse des fauves, de la religion minoënne en Crète. Hécate régnait à la fois sur la terre, dans les airs et sur les eaux de la mer. Présidant sur la nature vierge, elle veillait sur l’accouplement et l’accouchement des bêtes sauvages puis sur l’accouchement des femmes sous le nom de Lucina. Or, dans la mythologie grecque classique, Hécate représentera une déesse remarquable. La triple Hécate est à la fois la déesse lunaire Phébé au ciel; Artémis, la divinité gardienne de carrefours, sites favoris des magiciens et des sorcières et, sous terre, l’Hécate infernale, la déesse des morts et des terreurs nocturnes, présidant aux apparitions de fantômes et de monstres, contenant les violences des spectres. Sous ces triples faces, elle augure déjà les créatures démoniaques. Ainsi, il n’est pas étonnant que son cortège de nymphes se livrent à des cultes pervers. On n’est donc pas surpris que les filles d’Hécate, les empouses, soient considérées comme des revenants, des fantômes, des démons de midi capables de revêtir plusieurs visages. Envoyés par les divinités infernales qui hantent la nuit de leurs terreurs, ces spectres au visage illuminé terrifiaient les mortels, séduisaient les voyageurs afin de sucer leur sang et de se nourrir de chairs humaines. Et nous revoici aux vampires. Enfin, évoquons les harpyes, ravisseuses des navigateurs naufragés, des enfants et des âmes.

8. La Rome Antique
Rome reprit la légende des lamies. Elle connut les lamiea.
Horace (poète latin, 65 avant JC-8 avant JC) et Apulée (écrivain latin 125-170, L’Ane d’or) en parlent. C’était des démons lubriques qui possédaient les beaux jeunes hommes abusant de leur corps en des étreintes si passionnées qu’ils les vidaient de leur substance vitale. Rome connaissait aussi les lémures. Culte des morts inspiré des étrusques, cette fête annuelle s’appelait les Lémuries. Cérémonie funèbre, elle était célébrée chaque année au mois de mai durant les dates où les ombres périlleuses des morts, les spectres malfaisants et redoutés revenaient dans leur ancienne demeure pour hanter et tourmenter les vivants. Il s’avère que les entités vampiriques, loin d’être initialement quelque dégénérescence de l’espèce humaine, avaient, dans l’idée primitive, une origine surnaturelle car ce dernier était peuplé de forces bienfaisantes mais aussi d’esprits maléfiques. Apulée fera des lémures un intermédiaire entre le monde naturel et le monde surnaturel. Outre ces entités, l’Antiquité recensait aussi une cohorte de larves, de striges ou de grilles : tout un peuple de monstres hantaient les ténèbres. Les larves surgissaient à n’importe quel moment de l’année. Elles étaient les âmes maléfiques des criminels décédés. Ces « ombres de méchants » apparaissaient sous forme de fantômes hideux. Le christianisme récupéra cette superstition en faisant des démons qui, par possession, s’emparent de victimes humaines. Quant aux striges, c’était le nom de certains oiseaux de nuit, sorte de hiboux d’Orient. Les peuples orientaux croyaient qu’ils erraient la nuit pour déchirer les enfants à la faveur de l’ombre. Ils étaient également censés nuire aux hommes, suçant leur sang et consommant leur chair. La superstition populaire en fera des démons féminins, dotés d’ailes et de serres comme les oiseaux de proie et se repaissant du sang et des entrailles des enfants. Le vampire naîtra, en somme de la contamination de ces diverses formes spectrales. Une de ces combinaisons donnera les vampires, rejetons monstrueux de leurs noces aventureuses.

9. Les Huns.
Ils répandaient le sang de leurs ennemis sur le sol du pays qu’ils souhaitaient coloniser. Moins loin dans le temps, on retrouve certains rites magiques dans d’anciennes ethnies africaines, les Zoulous en particulier, d’Australie, de Chine ou d’Amérique comme les Indiens d’Orégon : chez tous ces peuples, on recommandait de boire du sang des ennemis vaincus afin de s’approprier leur force.

10. En Europe.
Charlemagne qui avait dès 772 entrepris de soumettre les saxons à son autorité et à les convertir au christianisme édicte en 785 la Capitulatio de partibus Soxianiae contraignant les saxons à se faire baptiser et punissant de mort ceux d’entre eux qui, confondant les croyances païennes et le mystère de la transsubstantiation (présence réelle de la chair et du sang du Christ lors de la communion), se livrent à des festins de chair humaine. En dépit de ces mises en garde et de ces interdits, le sang, dans le monde chrétien médiéval, est chargé de pouvoirs surnaturels qui ont été réinvestis par la démonologie d’où est issue la croyance aux vampires.
La mythologie européenne du vampire se développe certainement au XIème siècle, associant christianisme et paganisme nordique, puis fleurit en Europe Centrale en conjonction avec les grandes épidémies de peste : des rumeurs relatives à des défunts dont le corps est retrouvé intact à l’intérieur de leur tombe commencent à se répandre. De plus, l’idée de la valeur rédemptrice du sang et une interprétation abusive du culte de la Vierge Marie amènent des sorciers ou des médecins à prescrire de boire le sang immaculé de jeunes filles vierges pour combattre toutes sortes de maladies et retarder les effets de la vieillesse. Collin de Plancy rapporte dans son Dictionnaire Infernal le récit de l’évêque de Cahors en 1031, lors du deuxième concile de Limoges, selon lequel le corps d’un chevalier de son diocèse, mort excommunié, avait été retrouvé à plusieurs reprises loin de sa tombe. La notion de revenants suceurs de sang, synthèse de légendes païennes telles les sagas nordiques et du christianisme médiéval, vient principalement d’Islande, des pays scandinaves et des îles britanniques où les Celtes ont apporté leurs croyances. Dès le XIIème siècle, on trouve en Angleterre les exemples les plus significatifs dans des chroniques rédigées en latin, De Nugis Curialim en 1193 de Walter Map et L’Historia Regis Anglicarum en 1196 de William de Newburgh. Ces ouvrages contiennent toutes sortes de récits concernant des défunts, généralement excommuniés, qui sortent chaque nuit de leur tombe pour tourmenter leurs proches ou provoquer des morts suspectes en série. En ouvrant leur cercueil, on trouve le cadavre intact et maculé de sang. Le seul moyen de mettre fin au maléfice est de brûler le corps après l’avoir transpercé à l’aide d’une épée. Faute de terme spécifique, les chroniqueurs anglais les nommèrent cadaver sanguisugus. Il s’agit bien ici de vampires. Si les îles britanniques ont été l’un des premiers théâtres de manifestations vampiriques, le phénomène n’a subsisté que de façon épisodique jusqu’à la Renaissance, sans laisser de traces profondes et durables dans l’imaginaire collectif. La Réforme, dans la seconde moitié du XVIème siècle, accrédite le mythe du spectre prédateur. Mais, c’est à partir de 1710 qu’une psychose collective s’empare de l’Europe occidentale. En effet, la Prusse orientale connaît une terrible épidémie de peste. On constate aussi des faits étranges et terribles pour l’époque : des corps défunts ne se décomposent pas et sont donc assimilés à des vampires. Légendes et superstitions débordant du registre oral suscitent même des études « scientifiques » comme celle du médecin militaire Flückinger qui, en 1732 détaille les sanglants exploits d’un vampire serbe censé avoir décimé tout un village. C’est dire ce que la méconnaissance de la science peut engendrer comme interprétations graves et dangereuses. Les autorités religieuses prennent part aux différentes affaires. C’est donc un procès du « faux mort » qui est organisé : le rite de « dévampirisation » consiste à enfoncer un pieu dans le corps du cadavre qui est ensuite brûlé. La croyance aux vampires résiste aux Lumières. En effet, même si, à cette époque, la raison triomphe, le vampire explose littéralement. Le phénomène prend la dimension d’un véritable délire collectif, affectant des régions entières et, surtout, suscitant l’intérêt des plus hautes autorités civiles, militaires et religieuses : entre 1414 et le Siècle de Lumières, on remarque une recrudescence étonnante de l’obscurantisme le plus exacerbé à propos des cas de vampirisme. Le XVIIIéme siècle fut le théâtre, dans toute l’Europe, d’une série d’épidémies virulentes qui dévastèrent une grande partie de la population des villes et des campagnes : on peut citer la grande peste de 1720 qui, partie de Marseille, fit des milliers de victimes. Entre 1721 et 1728, en Hongrie, une épidémie de rage touchent les chiens, les loups et les chauve-souris. Ces animaux ont pu contaminer l’Homme par morsure. Or, les symptômes de la rage humaine (errance la nuit, troubles nerveux qui pousse les « enragés » à mordre leurs proches, yeux globuleux) présentent des analogies troublantes avec le vampirisme. En 1723, ce fut au tour de Lisbonne de connaître une violente épidémie de fièvre jaune qui s’étendit également à toute l’Europe. En 1725, le phénomène de rage touche l’Autriche, la Serbie, la Pologne et la Russie. La France ne l’apprend qu’à travers les gazettes et des histoires d’hommes devenus vampires. Dès 1748, ce genre de phénomènes inspire poètes et écrivains. En 1783, une seconde épidémie de peste dévasta l’Europe de l’est. Cependant, le vampirisme succombe au Positivisme et à l’émergence de la société industrielle qui font table rase des anciennes superstitions. Le vampire se réfugie dès lors dans le domaine de l’imaginaire, il devient source d’inspiration littéraire. Au XVIIIème siècle, les romantiques allemands dont Goethe avec La Fiancée de Corinthe commencent à s’intéresser au vampire. De la période romantique à l’époque victorienne, des potentiels oniriques se développent : le vampire devient noble et s’insère dans une tradition héritée du mouvement gothique où le rôle du méchant est dévolu à un aristocrate. Au XIXème siècle, le personnage du vampire, être pervers et intrinsèquement malfaisant, est alors repris par les poètes anglo-saxons et donne un renouveau au mouvement gothique. En 1819, Lord Byron signe en lieu et place de son médecin et secrétaire particulier John william Polidori un récit intitulé The Vampyre, qui remporte un succès considérable amplifié par deux adaptations théâtrales signées Nodier et Dumas ainsi que par de multiples imitations (mélodrames, opéras-comiques, vaudevilles). Au milieu du XIXème siècle, le vampire entre dans une nouvelle condition : celle du personnage qui n’a pas choisi sa condition. En 1872, Joseph Sheridan Le Fanu publie la nouvelle Carmilla qui fixe les grands archétypes du genre : ses lieux, ses personnages (le vampire typique est alors un loup solitaire, un étranger mystérieux ayant un faible pour les jeunes victoriennes. Il est effrayant et célibataire malgré le harem sous son autorité), ses ambiances caractéristiques ainsi que son érotisme allusif (dans la nouvelle, l’auteur associe le vampirisme et le lesbianisme. Mais, Carmilla est-elle pour autant un monstre ?). C’est sur cette base, et à partir d’une documentation exhaustive sur l’histoire et le folklore d’Europe centrale, que Stocker publie en 1897 son Dracula.
Le vampire devient alors un personnage de fiction à part entière: Dracula en tire le portrait définitif, celui du Seigneur des Ténèbres.
Dès le début du XXème siècle, on rencontre des vampire roturiers. Vivant insoupçonnés parmi les mortels, parfois inoffensifs et même sympathiques, les vampires peuvent même trouver des victimes grâce à leur activité socioprofessionnelle. En fait, il s’agit de le rapprocher du mortel afin d’entretenir l’angoisse : « Le vampire demeure un total étranger, mais il demeure parmi nous et, ce qui le rend particulièrement dangereux, c’est que vous ne pouvez pas l’identifier. » Le vampire du XXème siècle est donc moins typé que ses aînés. Dans les oeuvres contemporaines, le vampire peut être méchant ou gentil et même civilisé (exemple : Saint-Germain, personnage créé par Chelsea Quinn Yarbo était âgé de 3000 ans. Il avait adopté le style de vie d’érudit et s’était lié d’amitié avec des femmes incroyables. Les choses n’étaient pas toujours simples pour lui. Mais, les icônes religieuses ne le troublaient pas et il ne semblait pas chercher un moyen de se guérir). Il possède même une « famille ».
Revenir en haut Aller en bas
http://sombrefatalbaiser.superforum.fr
 
Vampirisme histoire de vampires
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Histoire des vampires et de fantômes
» VAMPIRES DIARIES - L'histoire
» Les types de vampirisme.
» Le vampirisme psychique
» Les vampires dans les mythologies du monde

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
sombrefatalbaiser :: Vampirisme-
Sauter vers: